Merci petsu !
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Merci petsu !
A travers ces quelques lignes, je vais tenter de vous faire part, un peu en égoïste de mon ressenti à moi tout seul personnellement en ce qui me concerne. Mais je suis certain d’écrire aussi au nom des 4 autres trapanèls qui sont venus chez toi. Je tiens aussi à préciser qu’en occitan, un trapanèl est une braguette, c’est donc un beau compliment qui leur esti fait !
Ils sont tranquilles, ces savoyards. « Y’a pas l’feu au laaaaac ! » Contrairement aux pyrénéens dont le sang et la tripaille sont en perpétuelle ébullition. Le pyrénéen est un gueulard, un sanguin, un bourrut indécrottable, un raisonneur de premier choix. Le climat, le milieu façonnera toujours les hommes…
A l’image des immenses vallées alpines qui impressionnent devant tant de majesté, autant celles de nos Pyrénées attendrissent.
Ceux qui connaissent nos villes thermales comme en Ax en Ariège, Luchon en Haute-Garonne, Bagnères ou Cauterets en Hautes Pyrénées, et qui voudront faire la comparaison ne serait-ce qu’ avec Beaufort, se rendent compte immédiatement que l’on ne joue pas dans la même division… Et ne parlons même pas d’Albertville !
Beaufort ? C’est une carte postale, mes amis ! Pas un seul chalet qui pète de travers, on a l’impression que le bois est lasuré tous les ans, que la peinture des volets est neuve, des fleurs partout au balcon… Un chalet pyrénéen à côté ressemble à une crotte de musaraigne devant un formidable étron éléphantesque !
Et pourtant… Si on creuse un peu, tout est neuf, ou presque. Ça construit, y’a du boulot dans le bois et la charpente ! Il y a aussi beaucoup d’argent derrière tout ça. Et je ne pense pas qu’il soit toujours savoyard à la base.
En essayant d’y voir un peu plus loin que le bout de son scion, l’endroit où nous étions, en l’occurrence le Beaufortin, est une des vallées qui n’a pas privilégié le tourisme en rapport avec les autres, aux dires des locaux. Le village de Arêches, 700 habitants permanents, peut dépasser les 7000 sans problème en hiver ou été. En le traversant, j’ai essayé d’y trouver une maison ancienne, une grange à moitié escagassée comme en pyrénées. Ce fut facile, il n’y en a pas ! La station de ski, c’est tout…
Et pourtant… Je me rappelle fort bien des photos d’un certain Praranger, petit village ou hameau perché à quelques 1650m d’altitude… Praranger ? C’est comme Mérial, ça ne dit rien à personne… Des rues étroites, des maisons serrées. Pas de chalets en bois comme dans le livre « Oui-Oui va dans les alpes ou Sissi dans le Tyrrol ». Pas de façade qui sentent le pognon à 20 lieues. Pas de miracle à la Lourdaise non plus…
Et pourtant… Si je vous dis « Les menuires » Tout le monde connaît, les menuires. Praranger est à coté.
Cette immense station de ski, cette gargantuesque station, qui a défiguré la montagne. Vous savez, là où certains « montagnards » ressemblant comme deux gouttes d’eau à des mannequins vivants tout droits sortis d’un catalogue de La Redoute vont glisser sur des planches.
Et pourtant… Il devait y avoir de la vie, à Praranger. Il paraît qu’il y a une belle chapelle, avec sur les pupitres des bancs à prière, le nom de famille d’un certain Petsu, et bien d’autres… Il devait y avoir des dorons, aussi… Avant que les canons à neiges leur pètent la tronche, comme on dit chez nous. Avant que le sel pour déneiger les routes l’hiver ne flanquent la quille en l’air aux truites. Vous n’aviez pas de sel autrefois d’où l’expression crétins des Alpes ? Vous en avez maintenant… C’est mieux ?
Avant que ces immenses centrales qui alimentent tout ce joyeux bourdel, assèchent de merveilleux torrents, jusqu’à les faire disparaître.
Il devait y avoir des béééétes comme vous dites. Toujours aussi belles que celles que nous avons vu, mais encore plus précieuses ! L’hiver, elles tenaient chaud.
Le ski ? Deux planches (chez moi, en frêne) deux lanières en cuir, qu’est-ce qu’on se marrait ! La pêche ? Ben y’a l’dooooooron… Et moi le rrrrrrébenty. Et des truites partout, des truites de montagne, des mountagnoles ! Le faitou au coin du feu, avec la soupe pour la semaine, et les flammes qui ne s’éteignaient jamais…
Tu vois petsu, chez moi, y’a pas de station. Trop court, trop pentu. Tu serais pas en haut que tu serais planté la tronche en bas. Sur l’autre plateau, nous en en avons tout de même une. Mais il n’y a plus de neige… Alors, il n’y a personne.
Qu’est ce qui est le mieux ? Je n’en sais foutre rien… Voir des remontées mécaniques partout, ou voir des ruines de granges ? Des beaux chalets et des 4x4 rutilants, ou un corbeau qui a sa musette en bandoulière ? Je ne sais pas. Bien malin celui qui pourrait le dire…
Tu vois petsu, tu parles du souvenir des anciens avec passion. Non pas avec un passéisme romantique, car il faut bien vivre avec son temps, mais avec la ferveur de ton païs, celle de tes tripes. Et ce qui est sûr, Petsu, c’est que tu gardes un souvenir quelque part au fond de ta couscouille de tout ça, et que tu ne l’oublieras jamais. Une enfance montagnarde, ça ne peut pas s’oublier, surtout lorsque les choses ont changé. Car ton pays a changé tout comme le mien… Chacun dans sa voie, irrémédiablement.
Alors, tous ceux qui ont fait le voyage, et qui sont aller péter en Savoie -c’est d’ailleurs le cas de le dire- n’ont qu’une seule envie, celle de revoir ta trogne au bord d’un torrent pyrénéen, afin de casser la gueule à un salcissot, et d’écluser un cop de pianchon. Aqueste cop, c’est toi qui pêchera ! Il nous tarde déjà…
T’as un poutou de tous les pyrénéens, petsu ! Et merci...
Ils sont tranquilles, ces savoyards. « Y’a pas l’feu au laaaaac ! » Contrairement aux pyrénéens dont le sang et la tripaille sont en perpétuelle ébullition. Le pyrénéen est un gueulard, un sanguin, un bourrut indécrottable, un raisonneur de premier choix. Le climat, le milieu façonnera toujours les hommes…
A l’image des immenses vallées alpines qui impressionnent devant tant de majesté, autant celles de nos Pyrénées attendrissent.
Ceux qui connaissent nos villes thermales comme en Ax en Ariège, Luchon en Haute-Garonne, Bagnères ou Cauterets en Hautes Pyrénées, et qui voudront faire la comparaison ne serait-ce qu’ avec Beaufort, se rendent compte immédiatement que l’on ne joue pas dans la même division… Et ne parlons même pas d’Albertville !
Beaufort ? C’est une carte postale, mes amis ! Pas un seul chalet qui pète de travers, on a l’impression que le bois est lasuré tous les ans, que la peinture des volets est neuve, des fleurs partout au balcon… Un chalet pyrénéen à côté ressemble à une crotte de musaraigne devant un formidable étron éléphantesque !
Et pourtant… Si on creuse un peu, tout est neuf, ou presque. Ça construit, y’a du boulot dans le bois et la charpente ! Il y a aussi beaucoup d’argent derrière tout ça. Et je ne pense pas qu’il soit toujours savoyard à la base.
En essayant d’y voir un peu plus loin que le bout de son scion, l’endroit où nous étions, en l’occurrence le Beaufortin, est une des vallées qui n’a pas privilégié le tourisme en rapport avec les autres, aux dires des locaux. Le village de Arêches, 700 habitants permanents, peut dépasser les 7000 sans problème en hiver ou été. En le traversant, j’ai essayé d’y trouver une maison ancienne, une grange à moitié escagassée comme en pyrénées. Ce fut facile, il n’y en a pas ! La station de ski, c’est tout…
Et pourtant… Je me rappelle fort bien des photos d’un certain Praranger, petit village ou hameau perché à quelques 1650m d’altitude… Praranger ? C’est comme Mérial, ça ne dit rien à personne… Des rues étroites, des maisons serrées. Pas de chalets en bois comme dans le livre « Oui-Oui va dans les alpes ou Sissi dans le Tyrrol ». Pas de façade qui sentent le pognon à 20 lieues. Pas de miracle à la Lourdaise non plus…
Et pourtant… Si je vous dis « Les menuires » Tout le monde connaît, les menuires. Praranger est à coté.
Cette immense station de ski, cette gargantuesque station, qui a défiguré la montagne. Vous savez, là où certains « montagnards » ressemblant comme deux gouttes d’eau à des mannequins vivants tout droits sortis d’un catalogue de La Redoute vont glisser sur des planches.
Et pourtant… Il devait y avoir de la vie, à Praranger. Il paraît qu’il y a une belle chapelle, avec sur les pupitres des bancs à prière, le nom de famille d’un certain Petsu, et bien d’autres… Il devait y avoir des dorons, aussi… Avant que les canons à neiges leur pètent la tronche, comme on dit chez nous. Avant que le sel pour déneiger les routes l’hiver ne flanquent la quille en l’air aux truites. Vous n’aviez pas de sel autrefois d’où l’expression crétins des Alpes ? Vous en avez maintenant… C’est mieux ?
Avant que ces immenses centrales qui alimentent tout ce joyeux bourdel, assèchent de merveilleux torrents, jusqu’à les faire disparaître.
Il devait y avoir des béééétes comme vous dites. Toujours aussi belles que celles que nous avons vu, mais encore plus précieuses ! L’hiver, elles tenaient chaud.
Le ski ? Deux planches (chez moi, en frêne) deux lanières en cuir, qu’est-ce qu’on se marrait ! La pêche ? Ben y’a l’dooooooron… Et moi le rrrrrrébenty. Et des truites partout, des truites de montagne, des mountagnoles ! Le faitou au coin du feu, avec la soupe pour la semaine, et les flammes qui ne s’éteignaient jamais…
Tu vois petsu, chez moi, y’a pas de station. Trop court, trop pentu. Tu serais pas en haut que tu serais planté la tronche en bas. Sur l’autre plateau, nous en en avons tout de même une. Mais il n’y a plus de neige… Alors, il n’y a personne.
Qu’est ce qui est le mieux ? Je n’en sais foutre rien… Voir des remontées mécaniques partout, ou voir des ruines de granges ? Des beaux chalets et des 4x4 rutilants, ou un corbeau qui a sa musette en bandoulière ? Je ne sais pas. Bien malin celui qui pourrait le dire…
Tu vois petsu, tu parles du souvenir des anciens avec passion. Non pas avec un passéisme romantique, car il faut bien vivre avec son temps, mais avec la ferveur de ton païs, celle de tes tripes. Et ce qui est sûr, Petsu, c’est que tu gardes un souvenir quelque part au fond de ta couscouille de tout ça, et que tu ne l’oublieras jamais. Une enfance montagnarde, ça ne peut pas s’oublier, surtout lorsque les choses ont changé. Car ton pays a changé tout comme le mien… Chacun dans sa voie, irrémédiablement.
Alors, tous ceux qui ont fait le voyage, et qui sont aller péter en Savoie -c’est d’ailleurs le cas de le dire- n’ont qu’une seule envie, celle de revoir ta trogne au bord d’un torrent pyrénéen, afin de casser la gueule à un salcissot, et d’écluser un cop de pianchon. Aqueste cop, c’est toi qui pêchera ! Il nous tarde déjà…
T’as un poutou de tous les pyrénéens, petsu ! Et merci...

Invité- Invité
Re: Merci petsu !
Tu m'a encore fait "partir" quelques minutes Jeff, merci 

amerigo- L'americano breton / PING
- Date d'inscription: 19/11/2006
Re: Merci petsu !

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La sobriété est une hallucination due au manque d'alcool.
Lacs et pics des vallées d'Aure et Louron
Re: Merci petsu !
Salut JEFF
c'est comme d'habitude, de l'excellent récit, toujours prêt à nous faire voyager dans le temps, celui ou comme tu l'a si bien décrit, il n'y avait que des vieilles maisons de pierre..

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"Je ne bois pas d'eau parce que les poissons font caca dedans ..."
"Dans le vin il y a la sagesse, dans la bière il y a la liberté, et dans l'eau des bactéries"
Re: Merci petsu !
Oui, c'est une vision complémentaire des photos; la carte du trajet est sympa aussi, ça me fait penser à un Astérix
...le tour de Gaule, je crois (pas de sucette, merci
)
)
fufu31- Date d'inscription: 12/12/2006
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, et merci à Xavier tu le mérite